Donc voilà le récit de ce voyage de 4 semaines en Polynésie (française, mais pas seulement donc), que j'écris un peu après le retour donc en ayant un peu digéré tout ça. Ça a été un voyage à la hauteur des espoirs (et plus) et sans gros soucis, une fois les inquiétudes gérées (pratiquement toutes avant le départ). Ça a été aussi un dépaysement total et une découverte de cultures et de civilisations très différentes (différentes des miennes, surtout), donc forcément en 4 semaines je n'ai pu qu'effleurer le sujet. Je n'ai pas la prétention d'avoir tout compris aux diverses contraintes culturelles, sociales, politiques, historiques qui peuvent agiter la Polynésie (j'ai juste compris que c'est une région particulièrement riche de ce point de vue là) et même si j'ai essayé de ne pas voyager idiot, mes commentaires sont surtout ceux de la touriste, et sont forcément subjectifs. Pardon d'avance pour les imprécisions.
(petit teaser...
)Donc oui, ça commence par 22h d'avion. Et pourtant on a pris au plus court, avion direct avec Air France avec une escale à Los Angeles. On a choisi les dates pour revenir avant le 26 juin, parce que le 26 juin c'est la date où les professeurs de Tahiti sont libérés (et ont donc le droit de rentrer en France, enfin en métropole, pour l'immense majorité) et où le prix des billets augmente de 30% d'un coup... Escale à Los Angeles, ça veut dire qu'il faut être en règle avec l'immigration américaine, qui vous emmerde comme si vous aviez l'intention d'immigrer. J'ai dû refaire mon passeport juste pour ça (l'ancien n'était pas biométrique) et on s'est acquitté de $14 chacun pour le formulaire ESTA. Joli petit business. Bref après un voyage long et chiant, on arrive à Papeete vers 5h du matin heure locale, dans nos têtes on ne sait plus vraiment l'heure qu'il est parce qu'on a dormi comme on a pu (peu, donc).
Mon frère et son amie nous accueillent avec des colliers de fleurs (des vraies!) qui sentent super bon et ça nous redonne tout de suite le moral (mais un peu mauvaise conscience de les avoir fait lever si tôt). Ils nous emmènent en voiture jusqu'à leur appartement dans la lointaine banlieue de Papeete à Puna'auia, il fait nuit encore donc on ne voit pas grand chose du paysage bien qu'ils nous jurent qu'on est en train de longer le lagon. On négocie la sieste jusqu'à midi maximum, histoire de se caler le plus vite possible sur l'heure locale (mais bon, 12h, hein... On va faire ce qu'on peut). Quand on se réveille, il fait jour, et au bout de la cour il y a la mer et au fond Moorea! On apprend qu'on arrive à un mauvais moment, puisque c'est une période de grandes houles australes, ce qui entraine plein de vagues et un temps très mitigé, notez d'ailleurs les nuages, mais bon, nous c'est la première fois qu'on voit le Pacifique polynésien et Moorea, donc on n'a pas de point de comparaison, et personnellement je trouve ça bien beau.


Mon frère entame sa mission "je vais garder vos yeux ouverts jusqu'à au moins 7 h du soir" et nous emmène visiter un peu Tahiti (c'est à dire : rouler sur l'unique route, qui longe la côte, en regardant les paysages et s'arrêter aux endroits intéressants. On peut difficilement se perdre en voiture à Tahiti). J'ai commencé une carte pour ce voyage, indiquant les principaux points où on s'est arrêté. On a la montagne à gauche et le lagon à droite. C'est très vert, plein de fleurs, très joli. Et enfin on voit un lagon! Alors "normalement" c'est pas comme ça, c'est tout lisse et calme et sans vague, mais encore une fois nous on découvre donc même "anormalement" c'est bien beau. Les vagues dans le fond c'est là où la houle se cassent contre la barrière de corail. "Normalement" elles ne sont pas si grosses. Comme il a du vent et des nuages (presque de la pluie même...), il ne fait pas trop chaud.

On s'arrête aux grottes de Maraa, sous une falaise à pic avec la végétation qui dégringole, impressionnant (parfois c'est la falaise qui dégringole, sur les maisons qui sont à côté, c'est moins drôle). Dans une grotte se trouve un grand bassin avec de l'eau très claire (presque turquoise), avec une illusion d'optique, puisqu'on a l'impression que le fond de la grotte est tout près, alors qu'en fait il est très loin, et il recule au fur et à mesure qu'on avance dans l'eau (on n'a pas essayé). Il y a aussi un joli sentier (très court) dans les arbres. C'est un très joli coin.


On s'arrête pour déjeuner à la plage du PK38 (ou plage de Taharu'u). PK = point kilométrique, c'est la distance sur LA route depuis la cathédrale de Tahiti et c'est comme ça qu'on donne les adresses à Tahiti (par exemple : rendez-vous PK17 côté montagne à côté du restaurant Toto - lequel restaurant a probablement changé de propriétaire il y a 10 ans et est maintenant reconverti en supérette. Quand mon frère et son amie ont cherché à se loger, il y a des logements qu'ils n'ont jamais pu visiter parce qu'ils ne les ont pas trouvé). Bref, la plage. C'est une plage de sable noir (ile volcanique oblige) et du fait des houles australes à cet endroit il y a des grosses vagues, donc des surfeurs. C'est un coin pour surfeurs "débutants" (les confirmés vont un peu plus loin à Teahupoo), mais un jour comme aujourd'hui il faut quand même une certaine maitrise. Sur la plage il y a un petit snack sans prétention où on mange notre premier thon cru mariné en admirant les surfeurs et c'est juste divin.







On continue jusqu'aux sources de la Vaima. C'est un endroit qui n'est pas forcément dans les guides, surtout que de la route on voit juste une rivière qui ressemble à toutes les autres rivières qu'on a traversées jusqu'ici, mais si on s'arrête et qu'on remonte un peu, on arrive aux fameuses sources. Un très joli bassin, entouré de végétation, avec les sources qui semblent sortir de terre en bouillonnant dans un endroit un peu plus profond (on les devine en dessous du tronc d'arbre à droite). Dans le bassin il y a aussi des énormes anguilles! Le week-end quand il fait beau il y a plein de familles (polynésiennes, surtout) qui viennent se baigner ici. Il y a des panneaux pour garder le site propre (il faut reconnaitre, c'est nickel).

Et encore un peu plus loin, on s'arrête dans les jardins du Musée Gauguin. Il parait que le musée en lui-même n'est pas génial, mais les jardins sont beaux (on n'a vu qu'un tout petit bout en fait, à l'extérieur). Jolies lumières de fin de journée (déjà?).

On fait demi-tour ici et on revient en s'arrêtant parfois pour des points de vue. La fumée vient de feux allumés dans les jardins pour brûler les broussailles. Les tahitiens sont très soigneux de leurs jardins, ils passent beaucoup de temps à les entretenir, tondre, couper... Comme ça pousse vite, il faut couper souvent, et après on brûle.


Les montagnes du centre de l'ile sont assez impressionnantes. Ca monte jusqu'à 2241m quand même, pour une ile qui fait 60km sur 30! En fait c'est comme les Lofoten, mais en plus chaud (on se trouve les points de repère qu'on peut). Bon, aujourd'hui on ne voit pas les hauts sommets, ils sont dans les nuages (ils sont souvent dans les nuages).


Et retour à la maison où on voit le soleil se coucher derrière Moorea (derrière les nuages derrière Moorea, en fait, mais on n'est pas trop difficile. Il n'y a pas de quoi être difficile, vous êtes d'accord?). Il y a même un courageux surfeur. Le truc c'est qu'il est 17h30, je n'avais pas fait attention que le soleil se couchait si tôt! Mais bon, aujourd'hui ça n'est pas très grave. On a encore droit à un thon mariné au lait de coco (maison, cette fois, je ne suis pas près de m'en lasser) et dodo avec toutes ces nouvelles images dans la tête.


3 commentaires:
ouf, il ne fait pas trop chaud... on va pouvoir s'acclimater ;) Vous n'avez pas perdu de temps pour commencer les balades ; merci de les partager avec nous :)
Merci beaucoup Sophie pour non seulement tes photos de qualité et très bien sélectionnées pour publication , mais aussi pour tes commentaires pertinents qui décrivent la Polynésie telle qu'elle est réellement et chaque jour . Tu as des photos et des commentaires que l'on ne trouve nulle part ailleurs , qui tranchent des images et des considérations cartes postales tartes à la crème , hors des réalités quotidiennes , de la nature réelle en Polynésienne - Je lis et relis tes commentaires avec grand intérêt . Ils me donnent des tas d'idées pour envisager d'aller voir sur visiter cette région que je ne connais du tout - (J'envisage L'Austral du Ponant en sept 2016, circuit Papeete Papeete et puis Gambier, Pitcairn, revoir Rapa Nui et terminer à Punta Arenas) Merci de partager tes images tes impressions tellement sincères et pertinents . Je continue avec grand plaisir ….pour les volets suivants de ton reportage ...
A peine rentré du Septentrion, je repars dans l'autre sens grâce à ton récit et tes photos et retourne un an en arrière... même si j'avais fait l'impasse sur l'île de Tahiti elle-même, faute de temps.
Grâce à tes clichés et commentaires, je vais ainsi en voir plus.
JJM
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