mercredi 7 septembre 2011

Spitzberg : Flintholmen (et fin!)

Cap sur la dernière ligne (plus ou moins) droite de notre voyage. Nous continuons l'exploration de l'Isfjorden, en allant vers le fond du fjord. Direction le Nordfjorden et plus particulièrement le lieu appelé "Flintholmen". Comme c'est notre dernier jour j'ai envie de passer du temps dehors et nous passons donc un long moment sur le pont. C'est une bonne idée, parce que même si il y a occasionnellement quelques passages pluvieux, il y a aussi quelques passages ensoleillés, et entre les deux de magnifiques lumières changeantes, et bien sûr de magnifiques paysages, et des oiseaux!

Spitzberg : Alkehornet

C'est le dernier jour de notre voyage, déjà, et nous voilà revenu dans l'Isfjorden, le grand fjord où se trouve Longyearbyen. Le premier débarquement de ce matin est prévu sur le site de Alkehornet, caractérisé par une grande falaise pointue qui abrite, lorsque la saison est favorable, des milliers d'oiseaux (voir carte). Et chose incroyable, il fait beau! Enfin, disons qu'il y a une belle visibilité, et même du soleil. Par contre, il y a énormément de vent, qui rend le débarquement un peu sportif et humide, mais on ne peut pas tout avoir. Ce matin, on profite à fond du paysage, y compris les montagnes de l'autre côté du fjord qui sortent des nuages au cours de la matinée. C'est magnifique.


mardi 6 septembre 2011

Spitzberg : Hornsund

Après le magnifique coucher de soleil de la nuit dernière, on a bon espoir pour la journée qui vient. Surtout qu'on est réveillé par un rayon de soleil (de soleil!) dans le hublot, de bon augure. Aujourd'hui, la journée est consacrée à une navigation dans le Hornsund, un des plus beaux fjords du sud du Spitzberg, paysage alpin, glaciers majestueux, un des plus hauts sommets de l'archipel (1430m, pour le Hornsundtind), deux débarquements prévus. Mais ça ne va pas vraiment se passer comme ça.

A peine le petit déjeuner passé, revoilà les nuages. Et le brouillard. Le vrai beau brouillard, hein, depuis l'arrière du bateau on voit l'avant dans la brume... Et forcément, pour la contemplation du paysage, ça n'aide pas. C'est dommage, parce qu'on voit passer des petits glaçons, et on peut deviner qu'il y en a d'autres, au loin...


lundi 5 septembre 2011

Spitzberg : Kapp Lee

Donc nous voilà débarquant sur la plage au Kapp Lee (ici) avec la perspective d'une petite heure de grimpette le long de la falaise pour aller admirer la vue... Mais quand on débarque, il faut bien se rendre à l'évidence : les nuages sont très très bas. Donc non seulement côté vue, ça ne va pas être terrible, mais en plus il n'est pas question de prendre le risque de se retrouver nez à nez avec un ours qu'on n'aura pas vu venir à travers le brouillard... Donc la longue balade prévue se transforme en balade plus courte sous les nuages, là où on voit encore quelque chose, pas trop loin de la mer.


Spitzberg : Freemansundet

Nous voilà ce matin dans le Freemansundet, le passage entre les deux îles d'Edgeøya et Barentsøya, les deux îles du sud-est de l'archipel. On est un peu (beaucoup) excité en se réveillant, parce qu'on nous a fait miroiter une belle expérience pour ce matin, et comme c'est toujours très brumeux, on reste prudemment optimiste.

On n'a pas le temps de trop languir, parce qu'on est les premiers à embarquer dans les Polarcirkelboats ce matin, et pour une fois ce n'est pas pour débarquer mais pour voir le spectacle depuis la mer. Et le spectacle, c'est un squelette de baleine échoué sur la plage. Enfin, pas tellement le squelette en lui-même (bien que ça soit impressionnant), mais les bestioles qui s'en servent de garde-manger. Eh oui, ça y est, le voyage est officiellement réussi, puisqu'il est là, le seigneur de l'Arctique! Enfin, elle est là plus exactement, puisque c'est une maman et ses deux petits (déjà bien grands). En cette saison, toute source de nourriture est précieuse, et l'équipe d'expédition, ayant repéré cette carcasse la semaine dernière, a parié qu'il y aurait des ours ici. Pari gagné!


dimanche 4 septembre 2011

Spitzberg : Hinlopen

Nous voilà donc repartis du Sorgforden pour pour se diriger vers le Détroit d'Hinlopen, qui sépare la grande île de Spitzberg (à l'ouest) des deux îles du Nordauslandet, Vestfonna et Austfonna, la partie la plus "arctique" du Svalbard. Ce territoire est quasiment intégralement couvert de glaciers, et le détroit n'est navigable au mieux que quelques semaines par an, en fin d'été.

Dès qu'on est sorti de l'abri du mouillage, on se rend compte que dehors il y a beaucoup de vent (mais alors beaucoup : ça va monter jusqu'à près de 50 nœuds). Et les nuages qui nous avaient laissés plutôt tranquille aujourd'hui font un retour en force, avançant comme un torrent par dessus la cime des montagnes. Très vite, on ne voit plus rien.


Spitzberg : Sorgforden

Bon, à partir de maintenant, on arrive dans des zones où la main du touriste moyen met rarement le pied, puisque ce n'est qu'à la fin de l'été que la fonte des glaces permet (éventuellement) de s'aventurer vers l'Est de l'archipel et d'en faire le tour. Habituellement, les bateaux de croisière font demi-tour après Moffen.

Le débarquement est prévu dans le Sorgfjorden (Fjords des Soupirs, ou Fjords des Peines, voir carte. Il faudra que je trouve une carte plus jolie quand même...). Réveil assez tôt ce matin car nous faisons partie d'un des premiers groupes de débarquement (les 200 passagers sont répartis en 7 groupes qui débarquent les uns après les autres, d'une part parce qu'il n'y a que 5 Polarcirkel boats pour débarquer tout le monde, et d'autre part parce que ça permet de limiter le nombre de personnes à terre en même temps. A chaque débarquement c'est un groupe différent qui débarque en premier. L'organisation est bien rodée et se déroule de façon très fluide, c'est agréable). Bref, donc on se réveille tôt, premier regard par le hublot, et wow! C'est beau! On est à l'ancre sous Eolusneset (le nez d'Eole?), un petit promontoire, et le fond du fjord est d'un calme absolu.


samedi 3 septembre 2011

Spitzberg : Mushamna, Moffen

Toujours dans une demi-brume, nous naviguons vers notre destination suivante : Mushamna, sur la rive Est du Woodfjord (voir la carte). A cet endroit, il y a une cabane de chasseur/trappeur, encore utilisée aujourd'hui. Elle a été construite en 1987 par Reidar Hovelsrud, un trappeur "légendaire" du Svalbard. Il exerçait autrefois dans une autre partie de l'archipel, mais une année, sa "location" de chasse n'a pas été renouvelée, après qu'il ait exprimé publiquement quelques critiques sur la politique environnementale du Gouverneur (en particulier, le fait que l'administration du Gouverneur utilise énormément d'hélicoptères pour ses déplacements, alors qu'ils ont été interdits pour les touristes). Après avoir étudié dans le détail le Traité du Svalbard, il a découvert un article lui permettant de s'installer comme il le voulait dans une cabane qu'il aurait construit lui-même. Il a donc construit une très grande cabane en bois, avec le bois flotté ramassé sur la plage. Il y a énormément de bois de dérive qui arrive au Spitzberg, en provenance de Russie, troncs d'arbres mais aussi du bois "travaillé" (des gros rondins en particulier). Les cabanes de trappeurs sont toujours construites avec ce bois (et il sert également au chauffage), vu qu'il n'y a pas d'arbres ici.


Spitzberg : Monacobreen

Pendant la nuit, on a passé la pointe nord-ouest du Spitzberg, et on est arrivé au fond du Liefdefjorden, au pied du Monacobreen (glacier de Monaco, ainsi appelé en l'honneur d'Albert de Monaco. Pas le mari de la nageuse sud-africaine, hein, mais son aïeul, le premier du nom, celui qui aimait bien les explorations océanographiques). (voir la carte ici)

Bon alors en théorie, le Monacobreen c'est un majestueux glacier (front de plus de 4km) au fond d'un fjord magnifique et grandiose, mais encore une fois quand au réveil on jette un œil par la fenêtre de la cabine, ça a l'air plutôt couvert. Mais quand on jette le deuxième œil, c'est pire, mais c'est tellement mieux : il neige! Et moi, la neige, ça me met de bonne humeur, même si du coup ça nous cache un peu (beaucoup) le paysage magnifique et grandiose.


vendredi 2 septembre 2011

Spitzberg : Magdalenafjord

Ah, la Baie de la Madeleine, le Mont Saint Michel du Spitzerg (en terme de fréquentation relative, au moins)... Ses montagnes escarpées qui se reflètent dans l'eau, ses glaciers qui se jettent dans la mer... Paysage magnifique et grandiose, tout ça. Enfin, ça, c'est ce qu'on nous a promis. Et finalement, quand on arrive, l'ambiance, c'est plutôt ça :


Sptizberg : Ny Alesund

On arrive en début de matinée à Ny Alesund, troisième (et dernière) ville visitée dans notre voyage (de toute façon, il n'y en a pas vraiment d'autres...). 
Ny Alesund, c'est une ancienne ville minière, actuellement reconvertie en grand centre scientifique, avec des équipes venues de divers pays (Norvège, Italie, Allemagne, France, et même Chine!). 

J'ai fait une petite carte pour suivre le voyage. Ny Alesund, c'est là!

La première chose qui me frappe quand on arrive c'est cette preuve officielle qu'on est bien dans les hautes latitudes : un glaçon sur l'eau! Un joli glaçon bien bleu comme il se doit (et oui, la mer aux abords du port de Ny Alesund est teintée de rouge, la terre locale sans doute).


jeudi 1 septembre 2011

Spitzberg : Barentsburg

Première escale du voyage, pas très loin de Longyearbyen, c'est Barentsburg. C'est une ville minière russe, fondée dans les années 20, qui abrite aussi le siège social au Spitzberg de la compagnie minère russe Articugol. Elle a été très prospère, puis à la chute du système soviétique les habitants se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, sans soutien financier, sans moyen de rentrer chez eux. Ils s'en sont à moitié sortis en se mettant à vendre leur production de charbon à des pays occidentaux (Danemark, Hollande...) et en créant une sorte de société en autarcie avec sa propre ferme. Il n'y a pas de route qui mène à Barentsburg, on ne vient qu'en bateau. La Russie moderne a retrouvé un petit intérêt (surtout stratégique) dans cette petite communauté, mais c'est loin d'être la prospérité. Il y a encore aujourd'hui environ 400 habitants.

Le décor est plus qu'étrange, avec cette architecture très soviétique mélangée à des bâtiments à l'allure plus traditionnelle (et dans un état de conservation très moyen, pour ne pas dire plus). L'entrée de la mine est en plein milieu de la ville. Avec la petite pluie qui tombe, et le vent de plus en plus fort, l'ambiance est vraiment très bizarre.


Spitzberg : Longyearbyen

Deux ans et demi après le voyage en Antarctique, on retrouve le MS Fram (ou MV Fram, selon que vous suivez l'appellation norvégienne ou internationale) de la compagnie Hurtigruten, mais cette fois direction le grand grand Nord, et le Spitzberg. Enfin, plus exactement le Svalbard (c'est le nom de l'archipel complet, avec toutes ses îles, et le Spitzberg, c'est le nom de la plus grande de ces îles). Initialement, on devait partir sur le Polar Star, un ancien brise-glace, un bateau plus authentique, plus petit. Malheureusement, la compagnie (canadienne) propriétaire de ce bateau a fait faillite au printemps, le bateau est toujours coincé à Las Palmas... Hurtigruten, très professionnel, nous a recasé sur le MS Fram avec un geste commercial substantiel sur le prix du billet. Bref, nous voilà partis, pour le dernier voyage de la saison du MS Fram au Svalbard, avec en vue la tentative de faire le tour complet de l'île, qui n'est possible qu'en toute fin d'été quand les glaces ont disparu sur la côte Est.

Granville, Paris (en train), Dusseldorf, Longyearbyen (en avion, sur un vol spécialement affrêté), on arrive à Longyearbyen vers 2h du matin, et déjà les lumières du jour arrivent à l'horizon. Petite nuit, et au réveil on profite du premier coup d'oeil sur les paysages locaux depuis la fenêtre de l'hotel.