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mercredi 11 mars 2015

Retour à la civilisation

Toutes les bonnes choses ayant une fin, au bout des 4 jours prévus on lève le camp et il faut refaire le trajet dans l'autre sens. Comme je le pressentais, descendre les sauts ça n'est pas tellement plus fun que les monter... C'est même plus impressionnant parfois car il faut retenir les pirogues pour éviter qu'elles partent en biais et se coincent sur un caillou. Si elles se mettent en travers dans le courant, elles peuvent se remplir d'eau et là on est mal. C'est là aussi qu'on voit l'importance du couple motoriste/takariste pour bien comprendre où il faut passer et éviter les plus gros cailloux. Un des petits jeunes de notre pirogue n'a pas bien assuré tout le temps, et on a heurté l'hélice sur un rocher... Et on s'est coincé aussi plusieurs fois.

Selon les sauts, on descend à l'eau ou non, et le moment opportun n'est pas toujours clair pour nous pauvres métropolitains... Je me retrouve à l'eau à un moment pas forcément approprié, et quand la pirogue repart il faut que je me jette quasiment dessus pour me hisser comme je peux pendant qu'elle avance dans le courant... Je n'étais pas fière (et je me suis retrouvée avec 2 splendides hématomes horizontaux sur toute la largeur du ventre, causés par le rebord de la pirogue...).


mardi 3 mars 2015

Tampok, troisième jour

On se lève le matin avec le jour, soit vers 6h/6h30. J'ai renoncé depuis hier matin à avoir des vêtements secs pour le voyage. On est mouillé tout le temps, soit par la pluie, soit quand on descend dans les sauts (soit les deux en même temps), et rien ne sèche pendant la nuit. Donc je garde un jeu de vêtements secs pour dormir, mais remettre le matin le pantalon et la chemise mouillés c'est un peu rude (et les chaussettes! C'est le pire).

En plus des fleurs, il y a aussi beaucoup d'arbres avec des graines, parfois de belle taille! Même si il ne fait jamais très sec ici, on est dans la saison des pluies et ça foisonne encore plus. Enfin, en théorie on est dans la "petite saison sèche" au milieu de la saison des pluies, mais il n'y a plus de saison, ma pauvre dame.

lundi 2 mars 2015

Tampok, deuxième jour

On repart le lendemain matin, de bonne heure et de bonne humeur... On a prévu 4 jours en tout pour remonter le Tampok. On doit passer pas mal de sauts et on ne sait pas à l'avance combien de temps ça va prendre. Depuis qu'on a passé Saut Tampok hier le paysage a un peu changé, la rivière est moins large et on a encore plus l'impression d'avancer dans un corridor entre deux murs d'arbres impénétrables. Les arbres sont beaux, immenses, avec parfois un énorme fromager (arbre sacré pour les amérindiens) qui domine la canopée. On voit toujours énormément d'oiseaux, depuis les toutes petites moucherolles noires et blanches qui s'envolent devant nous jusqu'aux hérons et aux aras, qui passent en volant au dessus de nous, toujours par deux. On dérange des petites chauves-souris aussi, qui dorment sur les souches d'arbre tombées dans l'eau. On entend parfois les singes. C'est vraiment chouette.

dimanche 1 mars 2015

Départ - Saut Tampok

On recupère une partie des autres participants le lendemain, et c'est une journée encore assez tranquille. Les logisticiens font l'inventaire du matériel et de la nourriture. Les courses ont été faites à Cayenne et Kourou et acheminées par frêt aérien. Tout est stocké dans des touques (gros bidons étanches) et il faut vérifier qu'on a bien tout ce qu'il faut et que les touques sont à peu près clairement identifiées, car on en a des quantités... Même nos propres affaires ont été transférées dans des touques. C'est ce qu'il y a de plus sûr pour la pirogue : si il pleut (ce qui est probable) ou si la pirogue se renverse (ce qui ne va pas arriver, hein?), la touque est étanche, et flotte.


vendredi 27 février 2015

Maripasoula

J'ai la chance de faire un très chouette boulot, pas routinier, avec des collègues humains et compétents, et j'ai plaisir à me lever le matin pour aller travailler. Et parfois, ce boulot me permet de quitter le bureau et d'aller, comme on dit, "sur le terrain". Le plus souvent, c'est du côté de la Baie du Mont Saint Michel (et en hiver), et parfois c'est un peu plus loin. Et cette fois, j'ai tiré le gros lot, puisque j'ai la chance de faire partie d'une mission en Guyane, et dans des endroits qui ne sont pas accessibles à tout le monde. Je vais aller participer à une campagne de pêche scientifique (inventaire et prélèvements de tissus sur un grand nombre d'espèces de poissons), pas mal en amont sur un affluent du Maroni (le fleuve qui fait la frontière entre la Guyane et le Surinam). Plus précisément, voir sur la carte ici : notre but ultime, c'est Sauts Pierkourou (repère rouge, dézoomer la carte si nécessaire, je vous met le lien vers Geoportail parce que la carte est vraiment hyper précise). Le tout se fait dans le cadre d'un programme sur la gestion des ressources halieutiques piloté par le Parc Amazonien de Guyane (voir et par exemple). C'est un endroit qui n'est accessible qu'après plusieurs jours de pirogue, et préférentiellement en saison des pluies quand il y a suffisamment d'eau pour remonter aussi haut. On va donc partir en autonomie sur le fleuve et en forêt, avec des agents du Parc, des piroguiers amérindiens - qui sont ici chez eux - et le soutien logistique (entre autre) du bureau d'étude Hydreco. 14 personnes en tout sur deux pirogues pendant 10 jours! L'aventure.

L'aventure commence doucement. Avec un collègue, nous avons d'abord rejoint Cayenne en avion, et après une nuit pour essayer de nous remettre du décalage horaire et thermique (ça a moyennement marché), nous prenons l'avion pour Maripasoula. L'avion pour Maripasoula, c'est ce petit machin-là (23 places). Moi qui n'aime pas trop l'avion, j'ai été servie. Heureusement, le trajet a été plutôt tranquille, et avec une jolie vue sur la forêt!