samedi 21 mars 2015

La "marée du siècle" (?)

Oui, le coefficient de marée ce jour de printemps était vraiment élevé. Oui, il y avait un marnage (différence de hauteur d'eau entre la marée basse et la marée haute) rarement atteint: 14,20 à Granville samedi après-midi, on ne voit en effet pas ça tous les 4 matins. Mais ce que les médias ont très mal expliqué, c'est que ce marnage n'est pas spécialement lié à la hauteur de la marée haute. C'est une grande marée, donc ça monte haut, mais pas à des hauteurs d'eau exceptionnelles, et en plus comme il n'y avait pas beaucoup de vent, et des hautes pressions qui font que ça monte encore moins haut que prévu, ben la marée haute n'était certainement pas "du siècle". Tenez, rien que cette année, il y a des marées hautes au moins aussi hautes, voire plus hautes, qui sont prévues pour cet automne (par exemple comparez les hauteurs d'eau de ce week-end par rapport à celles prévues fin septembre...). Mais ça descendra moins bas, donc un marnage un peu plus faible.

En effet, ce qui était assez exceptionnel dans la marée de samedi, c'est le niveau de la basse mer. A Granville, la mer devait baisser jusqu'à -10cm, 10cm en dessous du niveau 0 des cartes marines, sachant que ce 0 est le niveau théorique des plus basses mers possibles, ça donne une idée : c'est descendu, très, très bas. Et les hautes pressions, si elles empêchent la mer de monter trop, l'aident bien à descendre beaucoup. Personnellement, depuis que je m'intéresse au niveau de la marée basse aux grandes marées, je n'avais jamais vu ça (j'ai vu +5cm il y a quelques années). Je devais aller passer la journée à Chausey, et finalement ce matin je n'ai pas pu partir, donc on a profité de la marée basse à Granville (là où le marnage était le plus important, d'après France Inter...).

mercredi 11 mars 2015

Retour à la civilisation

Toutes les bonnes choses ayant une fin, au bout des 4 jours prévus on lève le camp et il faut refaire le trajet dans l'autre sens. Comme je le pressentais, descendre les sauts ça n'est pas tellement plus fun que les monter... C'est même plus impressionnant parfois car il faut retenir les pirogues pour éviter qu'elles partent en biais et se coincent sur un caillou. Si elles se mettent en travers dans le courant, elles peuvent se remplir d'eau et là on est mal. C'est là aussi qu'on voit l'importance du couple motoriste/takariste pour bien comprendre où il faut passer et éviter les plus gros cailloux. Un des petits jeunes de notre pirogue n'a pas bien assuré tout le temps, et on a heurté l'hélice sur un rocher... Et on s'est coincé aussi plusieurs fois.

Selon les sauts, on descend à l'eau ou non, et le moment opportun n'est pas toujours clair pour nous pauvres métropolitains... Je me retrouve à l'eau à un moment pas forcément approprié, et quand la pirogue repart il faut que je me jette quasiment dessus pour me hisser comme je peux pendant qu'elle avance dans le courant... Je n'étais pas fière (et je me suis retrouvée avec 2 splendides hématomes horizontaux sur toute la largeur du ventre, causés par le rebord de la pirogue...).


samedi 7 mars 2015

Pierkourou, le boulot!

Bon, on est quand même là pour bosser. Le but de la mission était de faire un inventaire des espèces présentes et de les échantillonner (= prendre un petit bout de muscle pour des analyses génétiques ultérieures). On est venu jusqu'ici parce que c'est un endroit qui n'est en théorie pas trop pêché par les locaux, et on pourra donc comparer les populations en place avec celles sur d'autres affluents, et sur des zones plus proches des villages, potentiellement soumises à une exploitation plus intense. Hydreco fait également des prélèvements pour analyser les niveaux de mercure.

Les pêches se font essentiellement au filet, et de nuit. Donc le soir, une équipe part poser les filets dans des zones adaptées. On a eu un peu de mal pendant cette mission car la saison des pluies et la pleine lune ne sont pas favorables à la pêche.


jeudi 5 mars 2015

Pierkourou, vie quotidienne

Un petit peu de détail sur notre vie quotidienne sur ce campement qu'on a habité pendant 4 jours/4 nuits. Quand on est arrivé il y avait là aussi un carbet déjà construit... Donc on n'était encore pas assez loin de la civilisation! Mais il était assez fatigué, et l'herbe avait bien poussé dessous, donc on pense qu'il n'avait pas servi trop récemment. Donc on a commencé par couper l'herbe (à la machette... J'ai regardé de loin) pendant que les piroguiers allaient nous chercher les arbres qui vont bien pour consolider tout ça.

mercredi 4 mars 2015

Sauts Pierkourou

On arrive donc à Sauts Pierkourou en fin d'après-midi. "Sauts" au pluriel parce qu'en fait c'est un ensemble très complexe de cascades et d'iles, qui s'étend sur près d'un kilomètre, comme vous pouvez voir sur la carte, et je suis bien contente qu'on ai prévu de faire le campement au pied du saut et pas tout en haut. C'est un endroit vraiment magnifique.

mardi 3 mars 2015

Tampok, troisième jour

On se lève le matin avec le jour, soit vers 6h/6h30. J'ai renoncé depuis hier matin à avoir des vêtements secs pour le voyage. On est mouillé tout le temps, soit par la pluie, soit quand on descend dans les sauts (soit les deux en même temps), et rien ne sèche pendant la nuit. Donc je garde un jeu de vêtements secs pour dormir, mais remettre le matin le pantalon et la chemise mouillés c'est un peu rude (et les chaussettes! C'est le pire).

En plus des fleurs, il y a aussi beaucoup d'arbres avec des graines, parfois de belle taille! Même si il ne fait jamais très sec ici, on est dans la saison des pluies et ça foisonne encore plus. Enfin, en théorie on est dans la "petite saison sèche" au milieu de la saison des pluies, mais il n'y a plus de saison, ma pauvre dame.

lundi 2 mars 2015

Tampok, deuxième jour

On repart le lendemain matin, de bonne heure et de bonne humeur... On a prévu 4 jours en tout pour remonter le Tampok. On doit passer pas mal de sauts et on ne sait pas à l'avance combien de temps ça va prendre. Depuis qu'on a passé Saut Tampok hier le paysage a un peu changé, la rivière est moins large et on a encore plus l'impression d'avancer dans un corridor entre deux murs d'arbres impénétrables. Les arbres sont beaux, immenses, avec parfois un énorme fromager (arbre sacré pour les amérindiens) qui domine la canopée. On voit toujours énormément d'oiseaux, depuis les toutes petites moucherolles noires et blanches qui s'envolent devant nous jusqu'aux hérons et aux aras, qui passent en volant au dessus de nous, toujours par deux. On dérange des petites chauves-souris aussi, qui dorment sur les souches d'arbre tombées dans l'eau. On entend parfois les singes. C'est vraiment chouette.

dimanche 1 mars 2015

Départ - Saut Tampok

On recupère une partie des autres participants le lendemain, et c'est une journée encore assez tranquille. Les logisticiens font l'inventaire du matériel et de la nourriture. Les courses ont été faites à Cayenne et Kourou et acheminées par frêt aérien. Tout est stocké dans des touques (gros bidons étanches) et il faut vérifier qu'on a bien tout ce qu'il faut et que les touques sont à peu près clairement identifiées, car on en a des quantités... Même nos propres affaires ont été transférées dans des touques. C'est ce qu'il y a de plus sûr pour la pirogue : si il pleut (ce qui est probable) ou si la pirogue se renverse (ce qui ne va pas arriver, hein?), la touque est étanche, et flotte.