Donc nous voilà face au mythique passage de Drake. On attendait le "Drake Shake" (ou "l'essoreuse à salade"), on a eu... le "Drake Lake" (c'est à dire le calme plat...). Avec un peu de gris dans le ciel, pour un peu on ne verrait pas trop la différence avec la traversée de la Manche... Alors ça en réjouit certains qui s'inquiétaient pour leur estomac, mais ça en plonge d'autres dans une certaine mélancolie... (ci-dessous un passager anonyme portant le joli coupe-vent offert à bord).

Mais contrairement à la Manche, on reste très longtemps sans voir la terre... Une nuit, un jour, une autre nuit, une autre matinée...
Normalement, dans ce coin là, c'est plein d'oiseaux, en particulier des albatros. On les attendait avec impatience. Mais pas vent, pas d'albatros! Ces oiseaux ne battent presque pas des ailes, ils se laissent planer au gré du vent. Alors si ça ne souffle pas, ils se reposent sur l'eau. Il a fallu attendre longtemps pour voir le premier albatros! Et en dessous, c'est un petit damier du Cap, qui a la réputation chez les marins d'être annonciateur de tempête.

Pendant le voyage, il y a plusieurs conférenciers à bord qui nous expliquent tout ce qu'on veut savoir sur l'Antarctique, la faune (non, pas la flore, il n'y en a quasiment pas), le réchauffement climatique, et la suite du voyage, pas le temps de s'ennuyer.
On est quand même bien content, en début d'après-midi du 3ème jour, d'apercevoir le premier iceberg (trop loin pour la photo), et pas longtemps après, enfin, la terre! Il s'agit des Iles Shetland du Sud, juste au large de la Péninsule Antarctique. Comme en plus le temps se lève, que demande le peuple? Rien, il admire...

On se dirige vers notre premier point de débarquement...
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