mercredi 11 mars 2015

Retour à la civilisation

Toutes les bonnes choses ayant une fin, au bout des 4 jours prévus on lève le camp et il faut refaire le trajet dans l'autre sens. Comme je le pressentais, descendre les sauts ça n'est pas tellement plus fun que les monter... C'est même plus impressionnant parfois car il faut retenir les pirogues pour éviter qu'elles partent en biais et se coincent sur un caillou. Si elles se mettent en travers dans le courant, elles peuvent se remplir d'eau et là on est mal. C'est là aussi qu'on voit l'importance du couple motoriste/takariste pour bien comprendre où il faut passer et éviter les plus gros cailloux. Un des petits jeunes de notre pirogue n'a pas bien assuré tout le temps, et on a heurté l'hélice sur un rocher... Et on s'est coincé aussi plusieurs fois.

Selon les sauts, on descend à l'eau ou non, et le moment opportun n'est pas toujours clair pour nous pauvres métropolitains... Je me retrouve à l'eau à un moment pas forcément approprié, et quand la pirogue repart il faut que je me jette quasiment dessus pour me hisser comme je peux pendant qu'elle avance dans le courant... Je n'étais pas fière (et je me suis retrouvée avec 2 splendides hématomes horizontaux sur toute la largeur du ventre, causés par le rebord de la pirogue...).



Encore une fois je n'ai pas fait beaucoup de photos des sauts... D'une part parce que comme à la montée quand je ne fais rien ça me gêne de photographier des gens qui bossent, et parce que aussi je dois dire que c'était souvent assez stressant, particulièrement en fait quand on me disait de rester dans la pirogue... Dans le tout dernier saut (Saut Tampok) on est deux assis dans la pirogue qui se retrouve en équilibre avec tout l'avant en équilibre au dessus du vide, avec tous les autres qui retiennent comme ils peuvent, et on se dit que si ils lachent on va piquer du nez dans un tourbillon... Après coup je me dis que j'aurais dû filmer. Sur le coup, j'était trop tétanisée!



Mais finalement on s'en sort! Et ça descend quand même.plus vite que la montée, on met un peu moins de deux jours pour descendre tout ce qu'on a monté en trois jours.





Et voilà, retour à Maripasoula et à la civilisation (ou presque). On doit débarquer tout le matériel pour faire l'inventaire... Comme on a mis trois jours à monter au lieu des 4 prévus, on revient avec un jour d'avance, ce qui plonge notre hôte dans une grande perplexité, mais finalement il nous a trouvé des chambres.



Et le lendemain, il faut tout recharger... Parce qu'il y a la deuxième équipe, fraiche et dispose, qui est arrivé pour prendre le relais. Ils repartent pour 10 jours, pour pêcher sur un autre aflluent, donc les moteurs n'ont pas trop le temps de refroidir (et les piroguiers non plus, les pauvres).




Ça fait quand même un petit quelque chose de voir les autres partir et de rester sur le quai après une telle expérience... Je les envie quand même un peu (beaucoup?). Ils en ont chié, ceci dit, parce qu'ils ont eu énormément de pluie (bien plus que nous), ont eu leur camp inondé une nuit, et ont eu bien du mal à pêcher avec la montée des eaux, la turbidité et le courant...



Et nous revoilà dans l'avion pour Cayenne. Moment amusant à l'aéroport de Maripasoula car notre itinéraire croise celui de la grande mission "Mitaraka" du Muséum d'Histoire Naturelle. Eux aussi changent d'équipe ce même jour, donc à l'aéroport on croise ceux qui arrivent (chemise blanche immaculée, chapeau tout propre, rasé de frais) et ceux qui reviennent (chaussures et pantalons raides de boues, barbe de 6 jours et regards fatigués et tristes...). Derniers coups d'oeil sur le Maroni, et voilà... Fin de la belle aventure!





1 commentaire:

JJM a dit…

Retour à la civilisation... Une telle mission doit laisser de sacrés souvenirs ! Beaucoup de force dans les photos et les textes qui traduisent bien l'intensité de l'aventure... même si elle est professionnelle. Passionnant à lire et à regarder. Merci Sophie.
JJM