dimanche 4 septembre 2011

Spitzberg : Sorgforden

Bon, à partir de maintenant, on arrive dans des zones où la main du touriste moyen met rarement le pied, puisque ce n'est qu'à la fin de l'été que la fonte des glaces permet (éventuellement) de s'aventurer vers l'Est de l'archipel et d'en faire le tour. Habituellement, les bateaux de croisière font demi-tour après Moffen.

Le débarquement est prévu dans le Sorgfjorden (Fjords des Soupirs, ou Fjords des Peines, voir carte. Il faudra que je trouve une carte plus jolie quand même...). Réveil assez tôt ce matin car nous faisons partie d'un des premiers groupes de débarquement (les 200 passagers sont répartis en 7 groupes qui débarquent les uns après les autres, d'une part parce qu'il n'y a que 5 Polarcirkel boats pour débarquer tout le monde, et d'autre part parce que ça permet de limiter le nombre de personnes à terre en même temps. A chaque débarquement c'est un groupe différent qui débarque en premier. L'organisation est bien rodée et se déroule de façon très fluide, c'est agréable). Bref, donc on se réveille tôt, premier regard par le hublot, et wow! C'est beau! On est à l'ancre sous Eolusneset (le nez d'Eole?), un petit promontoire, et le fond du fjord est d'un calme absolu.


samedi 3 septembre 2011

Spitzberg : Mushamna, Moffen

Toujours dans une demi-brume, nous naviguons vers notre destination suivante : Mushamna, sur la rive Est du Woodfjord (voir la carte). A cet endroit, il y a une cabane de chasseur/trappeur, encore utilisée aujourd'hui. Elle a été construite en 1987 par Reidar Hovelsrud, un trappeur "légendaire" du Svalbard. Il exerçait autrefois dans une autre partie de l'archipel, mais une année, sa "location" de chasse n'a pas été renouvelée, après qu'il ait exprimé publiquement quelques critiques sur la politique environnementale du Gouverneur (en particulier, le fait que l'administration du Gouverneur utilise énormément d'hélicoptères pour ses déplacements, alors qu'ils ont été interdits pour les touristes). Après avoir étudié dans le détail le Traité du Svalbard, il a découvert un article lui permettant de s'installer comme il le voulait dans une cabane qu'il aurait construit lui-même. Il a donc construit une très grande cabane en bois, avec le bois flotté ramassé sur la plage. Il y a énormément de bois de dérive qui arrive au Spitzberg, en provenance de Russie, troncs d'arbres mais aussi du bois "travaillé" (des gros rondins en particulier). Les cabanes de trappeurs sont toujours construites avec ce bois (et il sert également au chauffage), vu qu'il n'y a pas d'arbres ici.


Spitzberg : Monacobreen

Pendant la nuit, on a passé la pointe nord-ouest du Spitzberg, et on est arrivé au fond du Liefdefjorden, au pied du Monacobreen (glacier de Monaco, ainsi appelé en l'honneur d'Albert de Monaco. Pas le mari de la nageuse sud-africaine, hein, mais son aïeul, le premier du nom, celui qui aimait bien les explorations océanographiques). (voir la carte ici)

Bon alors en théorie, le Monacobreen c'est un majestueux glacier (front de plus de 4km) au fond d'un fjord magnifique et grandiose, mais encore une fois quand au réveil on jette un œil par la fenêtre de la cabine, ça a l'air plutôt couvert. Mais quand on jette le deuxième œil, c'est pire, mais c'est tellement mieux : il neige! Et moi, la neige, ça me met de bonne humeur, même si du coup ça nous cache un peu (beaucoup) le paysage magnifique et grandiose.


vendredi 2 septembre 2011

Spitzberg : Magdalenafjord

Ah, la Baie de la Madeleine, le Mont Saint Michel du Spitzerg (en terme de fréquentation relative, au moins)... Ses montagnes escarpées qui se reflètent dans l'eau, ses glaciers qui se jettent dans la mer... Paysage magnifique et grandiose, tout ça. Enfin, ça, c'est ce qu'on nous a promis. Et finalement, quand on arrive, l'ambiance, c'est plutôt ça :


Sptizberg : Ny Alesund

On arrive en début de matinée à Ny Alesund, troisième (et dernière) ville visitée dans notre voyage (de toute façon, il n'y en a pas vraiment d'autres...). 
Ny Alesund, c'est une ancienne ville minière, actuellement reconvertie en grand centre scientifique, avec des équipes venues de divers pays (Norvège, Italie, Allemagne, France, et même Chine!). 

J'ai fait une petite carte pour suivre le voyage. Ny Alesund, c'est là!

La première chose qui me frappe quand on arrive c'est cette preuve officielle qu'on est bien dans les hautes latitudes : un glaçon sur l'eau! Un joli glaçon bien bleu comme il se doit (et oui, la mer aux abords du port de Ny Alesund est teintée de rouge, la terre locale sans doute).


jeudi 1 septembre 2011

Spitzberg : Barentsburg

Première escale du voyage, pas très loin de Longyearbyen, c'est Barentsburg. C'est une ville minière russe, fondée dans les années 20, qui abrite aussi le siège social au Spitzberg de la compagnie minère russe Articugol. Elle a été très prospère, puis à la chute du système soviétique les habitants se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, sans soutien financier, sans moyen de rentrer chez eux. Ils s'en sont à moitié sortis en se mettant à vendre leur production de charbon à des pays occidentaux (Danemark, Hollande...) et en créant une sorte de société en autarcie avec sa propre ferme. Il n'y a pas de route qui mène à Barentsburg, on ne vient qu'en bateau. La Russie moderne a retrouvé un petit intérêt (surtout stratégique) dans cette petite communauté, mais c'est loin d'être la prospérité. Il y a encore aujourd'hui environ 400 habitants.

Le décor est plus qu'étrange, avec cette architecture très soviétique mélangée à des bâtiments à l'allure plus traditionnelle (et dans un état de conservation très moyen, pour ne pas dire plus). L'entrée de la mine est en plein milieu de la ville. Avec la petite pluie qui tombe, et le vent de plus en plus fort, l'ambiance est vraiment très bizarre.


Spitzberg : Longyearbyen

Deux ans et demi après le voyage en Antarctique, on retrouve le MS Fram (ou MV Fram, selon que vous suivez l'appellation norvégienne ou internationale) de la compagnie Hurtigruten, mais cette fois direction le grand grand Nord, et le Spitzberg. Enfin, plus exactement le Svalbard (c'est le nom de l'archipel complet, avec toutes ses îles, et le Spitzberg, c'est le nom de la plus grande de ces îles). Initialement, on devait partir sur le Polar Star, un ancien brise-glace, un bateau plus authentique, plus petit. Malheureusement, la compagnie (canadienne) propriétaire de ce bateau a fait faillite au printemps, le bateau est toujours coincé à Las Palmas... Hurtigruten, très professionnel, nous a recasé sur le MS Fram avec un geste commercial substantiel sur le prix du billet. Bref, nous voilà partis, pour le dernier voyage de la saison du MS Fram au Svalbard, avec en vue la tentative de faire le tour complet de l'île, qui n'est possible qu'en toute fin d'été quand les glaces ont disparu sur la côte Est.

Granville, Paris (en train), Dusseldorf, Longyearbyen (en avion, sur un vol spécialement affrêté), on arrive à Longyearbyen vers 2h du matin, et déjà les lumières du jour arrivent à l'horizon. Petite nuit, et au réveil on profite du premier coup d'oeil sur les paysages locaux depuis la fenêtre de l'hotel.