Et ce que Serge préfère, ce sont les journées où il emmène les hôtes de la pension en excursion sur le lagon, son bureau, comme il dit. C'est justement notre programme pour la journée. Il y a encore du vent, mais ça devrait être gérable quand même. On se réveille avec un beau lever de soleil.


Même si il y a quelques petites averses qui passent.... Ca ne semble pas gêner l'activité sur le port, car il y a un cargo. Ce n'est pas le même qu'hier, on a vu dans la nuit l'échange des lumières quand celui d'hier est parti et celui-là est arrivé. C'est la bonne semaine pour les cargos! C'est très chouette à voir. La marchandise est déchargée des deux côtés, sur le quai d'un bord et sur des barges de l'autre, qui emmène les marchandises à un autre bout du lagon, avec un chargement parfois dans un équilibre précaire...


Internet est en panne ce matin, donc Serge n'a pas pu avoir les dernières prévisions de Windguru, mais comme il le sent bien quand même, on part finalement pour la journée, après avoir chargé quelques provisions sur le bateau à moteur à fond plat, bien adapté pour le lagon mais pas trop pour les vagues. Serge nous prévient, sur la première partie du trajet on va naviguer face aux vagues et on va s'en prendre plein la figure. En effet.
Notre première halte est à proximité d'une ancienne ferme perlière, sur un motu au milieu du lagon (voir la carte). L'intérêt de cet endroit (outre que ça n'est vraiment pas moche) c'est que le fond du lagon remonte et que c'est un endroit de prédilection pour observer les raies Manta. En effet, elles viennent ici (quasiment à heure fixe) pour se faire nettoyer par d'autres poissons. On peut donc juste en snorkeling les voir nager dans des eaux pas trop profondes. On amarre le bateau sur un corps-mort et on se met à l'eau avec masque et tuba. Il faut nager quelques instants contre les vagues, et avec mon expérience limitée de ce genre d'exercice j'ai un peu du mal, mais la récompense est au bout. Juste en dessous de nous, 3 ou 4 raies, 1.5 à 2m d'envergure, nagent et dansent et ondulent dans des mouvements très doux et fluides. C'est un spectacle vraiment magnifique et bluffant. Elles sont à moins de 2m pile sous nous, elles n'ont pas l'air d'être gênées par notre présence. Je suis très émue par ce moment.

On repart ensuite vers le bord du lagon. J'ai l'impression qu'on a navigué longtemps, et je croyais qu'on avait tout traversé, mais en regardant la carte plus tard en fait on n'est pas allé si loin... (la position sur la carte est approximative mais en gros c'est par là!). 25 km ça n'a pas l'air si grand mais la "côte" est si basse qu'on ne voit pas l'autre bout du lagon. On arrive donc au "bureau" de Serge... Et c'est une vraie carte postale. L'eau est beaucoup plus calme, transparente, et les couleurs! C'est superbe. Nouvelle halte près d'un "parc à poisson", en fait une sorte de piège formée de piquet et de grillage qui permet de contenir les poissons. Comme un grand casier en fait, les poissons y rentrent et ne peuvent plus sortir. Serge se met à l'eau dans le parc avec masque, palmes et fusil harpon (pardon pour les âmes sensibles) et 30 minutes plus tard, voilà les courses faites pour ce midi! Pendant ce temps les touristes (nous et l'un des couples du diner d'hier) on se met à l'eau pour baignade et observation des poissons.


Et on va enfin à notre destination finale, un des motus qui construisent l'anneau de l'atoll. En fait regardez la carte, c'est très très découpé, une alternance de petits ilôts de sable et de bras de mer. En extérieur il y a la barrière de corail qui surnage à peine, et n'offre qu'une protection très minime quand la mer dehors est en colère. Un atoll est du coup particulièrement sensible aux tempêtes et cyclones, et il y a sur le motu principal un abri anti-cyclonique sur-élevé où les gens peuvent venir se réfugier en cas de tsunami ou de brusque montée des eaux. Ca ne doit pas être évident d'avoir une vie perpétuellement suspendue aux aléas du climat...
Enfin pour aujourd'hui ce n'est pas d'actualité, et on débarque donc sur le motu (qui appartient à la famille de Paea, tous les motus sont en fait privés). Et bon... Je crois bien qu'on est parti pour un petit moment de connard (concept expliqué précédemment). Sable rose, cocotier, soleil, ciel bleu (entre les nuages), et mer de toutes les couleurs de bleu et turquoise possible. Qu'est ce que c'est beau...



Si vous regardez bien dans l'eau au premier plan il y a plein de poissons.



Les seuls autres êtres vivants qu'on va croiser sur le sable sont des petites sternes, pas très farouches.






Au loin à droite on voit les poteaux du parc à poissons:


Serge procède au nettoyage des poissons pour les faire cuire pour le déjeuner, et ça attire non seulement les sternes en surface, mais aussi d'autres bestioles sous l'eau... Tiens tiens!


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