jeudi 11 juin 2015

Rapa Nui, 3ème jour (2)

On poursuit notre route vers l'Est et tout à coup on tombe sur une corde tendue en travers de la route, qui marque l'entrée dans le parc contrôlée actuellement par les autonomistes Rapa Nui. D'après Nelly, on ne devrait avoir aucun souci à rentrer. Un grand mec avec une tête de hippie vieillissant (grande barde grise et cheveux longs assortis) vient me faire signe d'ouvrir la portière et me demande quelle langue on parle. English, français... Ah ben français, ça lui plait! Donc dans un français un peu approximatif, il m'explique que c'est impossible de rentrer dans le parc si on n'a pas un représentant du peuple Rapa Nui dans la voiture. Un guide éventuellement, mais aussi un vieux, un gamin, n'importe qui du moment que c'est un Rapa Nui. Ah. Je tente poliment de lui dire qu'on était justement avec une Rapa Nui certifiée hier et qu'elle nous a promis le passage. "Mais là c'est moi qui garde l'entrée, donc c'est moi qui vous dit quoi faire". Euh, c'est pas faux. Je me tais. Il se lance ensuite dans un grand discours pendant plusieurs minutes (en français) auquel honnêtement je n'ai pas compris grand chose, à part qu'il a l'air énervé et c'est un peu stressant. J'ai l'impression qu'il dit que le monde doit comprendre les revendications des Rapa Nui sur leur histoire (je comprends, je vous jure) et qu'il est légitime à me refuser l'entrée. Bon ben OK, on va faire demi-tour alors? Alors en fait non, pour cette fois on va juste devoir mettre notre nom dans un cahier (?) et on peut passer si on veut, mais qu'on n'y revienne pas (ou pas sans un Rapa Nui). Et la corde tombe à terre. Bon, on est passé, mais ça n'était pas très agréable et on est un peu secoué.

Notre prochain arrêt est au bord d'une baie avec un Ahu de chaque côté. Le premier, côté ouest, c'est l'Ahu Ura Uranga te Mahina (voir la carte détaillée sur le post précédent).Il compte 5 statues renversées et leurs pukao.



De l'autre côté de la baie, côté est, un ensemble plus impressionnant, l'ahu Akahanga qu'on devine sur cette photo. Au milieu de la fameuse baie dont je ne trouve plus le nom, git une grande statue renversée, en très bon état, dont on voit encore bien les traits du visage. Elle n'a sans doute pas été dressée sur une plate-forme, car les yeux ne sont pas creusés pour accueillir les formes en corail, elle est donc sans doute tombée pendant le transport. Les Rapa Nui disent qu'elle était destinée à être dressée sur un petit monticule au centre de la baie, qui serait la tombe de Hotu Matu'a, le roi fondateur du peuple de l'ile. Il y a aussi dans la baie des traces de grottes, de fours, et il parait des fondations de maisons-bateau en retrait, mais on n'a pas réussi à les identifier.



Sur l'Ahu Akahanga il y a 16 statues. C'est un peu difficile de s'en rendre compte au premier abord car ici elles sont tombées dans tous les sens, comme un château de carte. Ça donne un sentiment à la fois de force et de dérisoire.


Il y a aussi des jolis effets dans le ciel! On voit des averses qui passent au loin (ou des arc-en-ciel) mais toujours pas vraiment de pluie sur nous.





En faisant le tour de la plate-forme on voit d'autres statues tombées vers la mer. Elles n'ont pas toutes le même style, et elles ne sont pas toutes usées pareil, elles sont sans doute d'époques différentes. Par exemple ce tout petit moai (peut-être 2 ou 3 mètres), qui regarde le ciel, dont on devine à peine le visage.


Ou ceux-là, plus grands, aux traits plus fins, moins abimés par le temps. C'est très beau, très calme, impressionnant, émouvant.




En regardant vers l'intérieur de l'ile, le paysage est couvert de petites collines toute douces. Ce sont toutes des anciens volcans, mais arrondies par le temps et les éléments. Le contraste avec la côte déchirée, surtout aujourd'hui avec le vent et les vagues, est saisissant. 


Après avoir pique-niqué près de la voiture (ou même dans la voiture, parce que crois bien qu'il a fini par pleuvoir un peu quand même). Et on continue notre route. Un peu plus loin, encore un site, celui de l'ahu Runga Va'e. Des statues tombées sur la plate-forme, une devant qui n'a peut-être pas été dressée.


A l'horizon on voit tout au fond le Poike, le troisième grand volcan qui fait le troisième point du triangle de l'ile. Et les petites collines devant, c'est le volcan Rano Raraku, où se trouve la carrière des Moais.




Le petit batiment sur la droite ci-dessous (qui ressemble en fait à une grande enceinte, sans toit, mais qui en a peut-être eu un à l'origine) est un crématorium, un autre élément qu'on trouve parfois sur le site des ahu.


Enfin, le dernier ahu sur cette route pour aujourd'hui, celui de Hanga Tetenga.



J'ai à peu près réussi à replacer tous ces sites sur la carte Google. En zoomant sur la vue satellite on peut parfois deviner les silhouettes des statues.

1 commentaire:

Michel Hugues a dit…

Le tour dans le parc valait la peine d'insister.
Ne jamais oublier que c'est celui qui a la casquette qui commande !