mardi 23 juin 2015

Dernier jour, au coeur de Tahiti (2)

Le Relais de la Maroto donc, c'est un ancien hôtel de luxe (oui, dans cet endroit improbable...) qui a été plus ou moins abandonné puis repris récemment. C'est immense et un peu vide, pas mal délabré, on voit que les propriétaires actuels se donnent du mal pour accueillir et redonner de la vie à cet endroit. Les salles ont des noms de grands vins français (ça doit dater de l'origine). C'est bizarre, mais on est super bien accueilli. Quasiment toutes les compagnies qui proposent l'excursion dans la vallée de la Papenoo font une halte ici. On peut soit manger au restaurant, soit venir avec son pique-nique, accès gratuit à la terrasse (avec vue imprenable) si on prend une consommation. On peut aussi y passer la nuit. Ça doit être une drôle d'expérience.




Après cette halte pique-nique on reprend la route en continuant à monter un peu dans la montagne. C'est toujours beau! On alterne entre nuages, averses et quelques éclaircies. On arrive à un tunnel, de l'autre côté normalement il y a un grand lac et on a une superbe vue (nous dit Sébastien).




Malheureusement de l'autre côté la vue est encore plus bouchée et ça semble compromis pour la vue panoramique sur le lac. Comme on veut aller visiter Fare Hape, Sébastien abrège donc la visite du lac et on fait demi-tour. De toute façon, la route ne va pas beaucoup plus loin.




En revenant sur nos pas, on arrive donc au fond d'une vallée au petit village de Fare Hape. Encore un drôle d'endroit, dans un autre genre. C'est en fait un site qui a été occupé il y a très longtemps (on ne sait pas exactement depuis quand), abandonné à la fin du XVIIIème siècle quand les missionnaires colonisateurs ont forcé les habitants à quitter les montagnes pour rejoindre le littoral (où j'imagine il était plus facile de les surveiller). C'est maintenant un site archéologique très riche (nombreux marae, et traces de vie quotidienne) qui est géré par l'association Haururu. L'association entretient le site, mais a aussi construit une structure d'hébergement, avec petites cabanes en bois et grand fare communautaire avec règles d'utilisation . Ça fait un peu communauté hippie auto-géré, et les premiers regards font un peu sourire. Et puis après, il se passe autre chose.





Parce qu'en fait ici on n'est pas n'importe où. On sent qu'il y a ici quelque chose de profond, de fort. A quelques jours de l'ouverture du Heiva, des troupes de danse sont venues puiser de l'inspiration, se reconnecter avec leurs racines. Elles ont laissé des fleurs, des plantes, des colliers de coquillages sur les pierres des marae. J'ai l'impression d'avoir le doigt sur le pouls de Tahiti. D'être là où tout a commencé, l'endroit qui aide à comprendre le reste.




C'est aussi une sorte de jardin botanique en plein air, avec fougères arborescentes et divers arbres dont les fruits ou les feuilles peuvent être utilisés dans la vie quotidienne (alimentation, médecine, teinture...).




On quitte cet endroit si spécial alors que le soleil est en train de tranquillement gagner sa bataille contre les nuages! Malheureusement, c'est aussi le moment où il commence à se coucher.



On est très excité de croiser cette charmante famille car les cochons sauvages ici sont légendaires et rares. Tellement rares d'ailleurs que, renseignement pris, ceux-là n'en sont pas, si on en juge par la jolie étiquette jaune à l'oreille des marcassins. Mais bon, ils sont mignons, non?




On descend de la montagne en même temps que le soleil...






Je suis vraiment contente d'avoir fait cette balade. C'est si différent de tout ce qu'on a vu et si beau. Et je suis contente de l'avoir fait plutôt à la fin du voyage, car je crois que je l'aurais vécu différemment si je n'avais pas vu tout le reste (et si je n'étais pas allée à Rapa Nui, car j'ai retrouvé ici la force et l'émotion de qu'on a ressenti là-bas).

Et voilà la fin du voyage... Voyage riche en émotions, en lumières, en couleurs... Ça change de mes destinations polaires habituelles, mais je suis plus que contente d'être venue. Et je crois qu'il faudra revenir... Parce qu'on m'a parlé des Marquises...

4 commentaires:

Michel Hugues a dit…

Cette excursion te permet de montrer un lieu remarquable, et de plus, préservé des missionnaires et de la "civilisation occidentale" ! Merci de nous montrer que c'est encore possible.
Et j'ai bien aimé, dans le contexte, de voir une "touriste" avec la parka Hurtigruten !

Sophie L a dit…

Je voulais intituler la photo avec la parka "le changement climatique, une réalité"! :)
Cet endroit n'a malheureusement pas toujours été préservé de la "civilisation" (je conserve tes guillemets), mais je crois qu'il a bien su se défendre, sur le long terme.
Merci pour tous tes commentaires Michel.

JJM a dit…

J'ai été doublé sur la parka Hurtigruten... laquelle s'avère finalement nécessaire à tout intrépide voyageur qui bourlingue à travers le monde !
Ces deux dernières pages explorent des endroits très peu connus et dont on parle peu. Ils sont sans doute trop dans l'ombre d'îles plus lumineuses.
Il se dégage beaucoup de force de ces coins secrets et tu en as découvert tous les mystères.
Merci de nous avoir entraînés dans ce long et lointain voyage polynésien, vers des lieux et des noms qui font rêver...
J'ai beaucoup aimé ta vision de l'île de Pâques. Des choses ont changé, c'est sûr, mais tu l'as vue comme je l'ai vue, et le souvenir de Rapa Nui ne te quittera pas de sitôt. Merci de ce partage.
Et après tout cela, il y a encore les Marquises...
Cordialement. JJM

Sophie L a dit…

La parka Hurtigruten a été parfaite à l'Ile de Paques, et très bien supportée par les autochtones dans l'air frais de la haute montagne tahitienne (du coup, on leur a laissée!). Merci JJ aussi de tous tes commentaires.